Exclusif : Interview de Alice Tubello numéro 20 Française et 595 mondiale.

Interview de Alice Tubello, numéro 20 Française, 595 mondiale et espoir du tennis Français.

La Clermontoise Alice Tubello fut le tube de l’année 2018. A 17 ans, elle s’est hissée à la 20 ième place du classement Français en devenant championne de France junior tout en gagnant le championnat des deuxièmes séries. L’Auvergne attend depuis trop longtemps une grande représentante. Son début de saison 2019 est conforme à ses attentes, elle se rapproche à grand pas du top 400 mondial. Courageuse et humble à la fois, Alice on a envie de mieux la connaître.

Sébastien Bigorre – Bonjour Alice, raconte-nous tes débuts. Où et à quel âge as-tu commencer le tennis ?

Alice Tubello -J’ai commencé le tennis à 5 ans, dans un petit club de ma commune. J’ai avant tout commencé par le judo, mon grand frère faisait du tennis, j’allais régulièrement le voir et cela m’a plu. Mes parents ont par la suite décidé de me mettre au tennis, cela s’est fait naturellement. Rapidement, je me suis mieux débrouillé mieux que les autres, dès l’âge de 5 ans je jouais avec des 11/12 ans.

Jeune, étais-tu dans les meilleurs de ton âge ? Par exemple à 8 ans, à quelle place estimais-tu être au niveau national ?

Vers 6-7 ans j’ai commencé à être détecté, je suis partie au Stade Clermontois. Petite, je n’étais pas dans les toutes meilleurs, plutôt entre la 7 ième et 15 ième place au niveau nationaL. A 14 ans, je fais un ¼ de final au championnat de France, je suis vraiment sortie du lot il y a deux ans quand je suis passé de -2/6 à numéroté.

Plus jeune, combien de fois jouais-tu par semaine ?

Très jeune, j’ai plus le souvenir du judo. Le tennis était au départ plus un amusement, le judo était l’activité que je maitrisais le plus. A 8 ans, je m’entraînais quatre fois par semaine.

A quel moment as-tu senti un déclic, que tu franchissais vraiment un niveau supérieur ?

A 14 ans, j’étais classé 2/6, et c’est à ce moment là que j’ai engagé un coach privé. J’ai enchaîné en passant de 2/6 à -2/6. La deuxième année à été plus compliqué, j’ai très peu joué. Le déclic s’est produit quand je suis passé de -2/6 à la première série.

A quel endroit se situe ton camp d’entraînement quand tu n’es pas en tournoi ?

Je m’entraîne actuellement à l’ASM.

Suis-tu en parallèle une formation scolaire ?

Oui je suis actuellement en terminal S mais déscolarisé, avec le lycée Epsylonn sur Nevers. Je suis une scolarité à distance. Je passe mon bac en juin.

La vie sur le circuit coûte très chère, quels sont tes partenaires qui te permettent de mener à bien ton projet ?

La vie sur le circuit coûte très chère. Je tiens à remercier mes différents partenaires, la FFT, la ligue ARA, Team Michelin, Epsylonn, ASM tennis et omnisport, la ville de Clermont Ferrand, Technifibre, New Balance… Sans ces partenaires, mon projet ne serait pas possible à réaliser.

Qui t’entraîne aujourd’hui ? Comment fonctionne ta structure ?

Je me suis entouré d’un staff important, deux coachs sur la partie tennis (Nicolas Morillon et Lionel Mansour) avec un préparateur physique (Michael Aymard). J’ai aussi un Kinésithérapeute, médecin, nutritionniste, ainsi qu’un préparateur mental. J’ai privilégié l’encadrement, avec également Elie Rousset comme partenaire d’entraînement.

Quelles sont tes objectifs sur le circuit junior ?

Le circuit junior n’est pas une priorité. Je préfère me consacrer au senior. Je suis arrivé plus tard que d’autres sur le circuit, donc je n’ai pas suivi le protocole des catégories jeunes. J’étais un peu à l’écart des meilleurs, sur le circuit junior à l’âge de 16 ans je n’ai pas très bien joué. Je me suis donc rapidement tourné vers le circuit senior. Cependant, j’aimerais bien participer à Roland Garros junior, je serais contente d’obtenir une invitation. Je pense que mener deux circuits en parallèle est très compliquer, on fait les choses à moitié.

Quelle est ton objectif de classement WTA fin 2019 ?

La nouvelle réforme rend les choses très compliquer, je ne peux pas accéder aux tournois 25 000 mais seulement aux 15 000. J’aimerais bien jouer 300 ième mondiale d’ici la fin de l’année. Pour accéder au circuit principal, il faut que je sois dans les 30 meilleurs du circuit secondaire. Et encore, dans les 30 ont a accès aux tournois en Slovaquie ou au Pérou, en Europe il faut être dans les 10. Je joue ou c’est possible de jouer, et nous verrons.

Vas-tu faire des demandes d’invitation afin de rentrer dans les tableaux des grands tournois ?

Je vais essayer mais il y a beaucoup de postulantes. Ils ont fait un système race, c’est la joueuse qui aura le plus de points qui obtiendra l’invitation.

Ton évolution passe plus sur un travail technique, physique ou autre ?

Au niveau technique, je continue à améliorer le service. Il faut que je travaille l’aspect mental, pour par la suite en récolter les fruits en match.

Aurais-tu fait des erreurs dans la manière de t’entraîner ou de programmer que tu conseilles aux jeunes de ne pas faire ?

Le côté positif que j’ai toujours eu et qui a été primordial c’est mon hygiène de vie. J’ai été rigoureuse sur ce point, et cela me semble primordial. Globalement, si c’était à recommencer je referais les mêmes choses. J’aurais peut-être plus affirmé ma personnalité et ce que je voulais depuis le début. Je me suis peut-être découverte un peu plus tard que d’autres.

 Sur le circuit professionnel, arrives-tu à trouver une entraide avec des joueuses ou penses-tu que c’est l’individualisme qui domine ?

Il y aucune entraide entre joueuses, c’est un monde assez individualiste. Il y des regards, mots et comportements qui traduisent un grand chacun pour soi. Je suis complètement blindé, j’ai pris pas mal de recul. Cependant, j’ai deux ou trois copines mais globalement c’est un monde assez dur.

Nous avons vu que lorsque tu vas jouer à l’étranger, tu pars en Espagne. Pourquoi ce pays ?

Ce n’est pas loin et sur terre battue, et pas très chère. Je pourrais aller en Italie c’est la même chose, je n’ai pas de préférence particulière.

Maintenant que tu es lancé sur le circuit professionnel, quel conseil donnerais-tu à une joueuse qui souhaite le faire ?

Il faut suivre son instinct, et être hermétique au monde extérieur. Il faut suivre sa ligne avec ses certitudes.

Un grand merci à Alice pour le temps pris à répondre avec sincérité à cet interview. Nous rappelons l’importance des partenaires d’Alice qui la soutiennent dans ce projet, sans lesquels elle ne pourrait fonctionner vu le coût d’une vie sur le circuit. Nous souhaitons bonne chance à Alice et ne manquerons pas de reprendre de ses nouvelles.

Nous invitons les stagiaires à lire attentivement cet article afin de s’inspirer de l’expérience d’Alice.

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